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"Scenocosme : Cabinet de curiosités contemporaines"

Scenocosme : Grégory Lasserre & Anaïs met den Ancxt
De l'art : évolution : Résidence de création impulsé par ARTEL 91

Scientifique associé : Alain Charcosset, Directeur de recherches à l'INRA (Station de Génétique Végétale du Moulon)


Aux XVIe et XVIIe siècles, les cabinets de curiosités désignaient des lieux dans lesquels on collectionnait et présentait une multitude d'objet rares, inédits ou étranges. On y trouvait alors des animaux empaillés, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des carapaces, des herbiers, des fossiles ou des œuvres d'art. Ils avaient la particularité d'avoir une démarche scientifique mêlée aux croyances populaires de l'époque.
Reprenant cette idée, le Cabinet de curiosités contemporaines imaginé par Scenocosme questionne l'imaginaire scientifique d'aujourd'hui. Entre réalité et fiction, il s'agit d'explorer notre relation avec le vivant aujourd'hui, qu'il soit visible ou invisible. Composé d'installations physiques et interactives, mais aussi de photos, de vidéos, de textes et de dessins, ce cabinet de curiosités propose de mettre en scène le carnet d'un voyage exotique effectué dans l'enceinte même de notre environnement de tous les jours. On pourra ainsi y croiser de nouvelles espèces microscopiques engendrées par l'industrialisation et l'urbanisation, des plantes douées de langage, et d'étranges graines de maïs... "



Epinay-sous-Sénart : La science de l'Art 2009


Vues de l'exposition au Centre culturel Maurice Eliot - Epinay-sous-Sénart (FR)
De l'art : évolution : Résidence de création impulsée par ARTEL 91



Biodiversité du Maïs



Présentation de la larve sphongère                                     Akousmaflore




... Extraits ...



EPI-SCRIPT
Compositions épi-graphiques sur maïs

L’épi de maïs femelle est composé de fleurs et donc d’ovaires. Ces derniers sont surmontés de longues soies réceptrices du pollen provenant des fleurs mâles. La pollinisation contrôlée de chacune des soies permet ici de déterminer la couleur de chaque futur grain en sélectionnant minutieusement les pollens disposant des informations génétiques de couleurs requises.
Le pollen est utilisé ici comme source de pigmentation génétique. Il devient possible grâce à ce processus de concevoir l’épi comme un support graphique constitué de grains-pixels. L’épi-script peut s’inscrire dans un service ou un rituel annuel qui consisterait à produire et envoyer des messages révélés uniquement à la maturation des épis.





.SOS.


.SOS. utilise le procédé épi-script. Son but est d’éveiller les consciences sur les risques que l’humanité encourt, c’est à dire de perdre la richesse naturelle de la biodiversité au profit d’un nombre limité d’espèces uniformes. Au-delà de l’aspect écologique, l’évolution vers une uniformisation radicale de la nature renvoie à l’idée même d’une pensée unique et des dangers qu’elle peut représenter.
L’usage ambigü du procédé épi-script est représenté ici comme pouvant être un acte futile. Il risquerait de rabaisser le végétal au rang d’objet en en faisant un support d’écriture, dénué de sens.

 




CORN GUN
Pratique semencière spécifique
à partir de graines de maïs de différentes variétés.





Micro-écosystèmes : fictions d’un micro-quotidien
dessins, photographies, textes, impressions sur PVC

Extrait d’un bestiaire construit à partir d’observations d’une micro-réalité extraordinaire. L’évolution de l’homme, par l’industrialisation et l’urbanisation engendre de nouveaux biotopes (le métro, la ville, les appartements, les nouveaux matériaux, objets...). Le corps exerce aussi une influence biologique sur le territoire qu’il occupe, ce qui nous laisse suggérer l’apparition possible de nouvelles espèces microscopiques.




Gemmaur ou “Bourgeon d’oreille” du latin gemma (bourgeon)

Caractéristiques physiologiques
Taille : entre 50 et 70 microns.
Anatomie : Le gemmaur est composé d’un corps sphérique composé de 89 tentacules rétractiles lui servant aussi bien à se déplacer qu’à se nourrir. Il a la particularité de s’épanouir et de changer de forme sous l’influence des fréquences sonores.
Au-delà de 8000 Herz, les tentacules ont tendance à s’allonger et à se contracter. Mais en-dessous des 700 Herz, vers les fréquences basses, les tentacules se rétractent en formant de petites boucles. Au silence, les tentacules retombent le long de son corps sphérique.

Environnement
Si son écosystème privilégié est la cavité d’un écouteur, il s’en échappe dès l’apparition de fréquences sonores. Le gemmaur est attiré par l’intérieur chaud de l’oreille où il se déplace à proximité du conduit auditif. Les gemmaurs se nourrissent ensuite de cellules mortes avec l’extrémité de leurs tentacules, tout en changeant de forme sous l’influence des fréquences sonores. Ils peuvent y rester parfois plusieurs heures avant de retourner à leur cavité. Lorsqu’il s’agit d’écouteurs réhaussés d’une mousse protectrice, les gemmaurs ont tendance à moins rentrer dans le creux de l’oreille. Cette mousse pérennise plus facilement la chaleur humaine tout en concentrant une quantité suffisante de cellules mortes.

Hibernation
Au repos, il niche dans les cavités des écouteurs de balladeurs, mais parfois, comme les perce-oreilles, ils s’immobilisent dans l’oreille. Sans danger pour la qualité d’écoute, leur présence se traduit par de faibles démangeaisons. Ils quitteront le conduit auditif dès la réapparition des écouteurs.




Pulverole, appelée communément “Taupe des poussières” du latin pulvis (poussière)

Caractéristiques physiologiques
Taille : jusqu’à 115 microns.
Anatomie : elle est constituée d’une coquille ovoïde à stries, d’un corps mou tripède. Ses trois pieds sont des muscles qu’elle utilise alternativement. Chacun de ses muscles lui permet de se propulser dans un sens que suit le reste du corps. Des glandes sécrètent un mucus qui l’aide à glisser tout le long de ses déplacements et à se fixer sur les parois des touches de clavier.

Environnement
La pulverole se développe activement dans l’écosystème du clavier de nos ordinateurs. Elle vit dans une fourchette de 10°C à 35°C. Au-delà, elle se met en hibernation. La population de chaque touche est variable. On passe de quelques individus sur 1 cm² à une cinquantaine. Lorsqu’elles se reproduisent, chaque portée comporte une dizaine d’individus.
Le mucus qu’elles déposent en continu sous et sur et les touches du clavier piège micro-poussières, miettes, graisses, sucres, et sueur humaine qui assurent en retour la subsistance de la communauté. Faute de place, il arrive qu’elles migrent dans les ventilateurs des ordinateurs portables, où elles cumulent une plus grande proportion d’agglomérats de poussières. Ces derniers sont souvent la cause de bugs informatiques. Un ordinateur recèle alors un écosystème qu’il faut entretenir de temps en temps, tant pour son fonctionnement que pour l’équilibre écologique de la faune interne. Une surpopulation étoufferait l’écosytème et mettrait en danger la vie de l’ordinateur.

Hibernation
Les chaudes vibrations de l’ordinateur en marche sont souvent la cause de leur réveil. Mais en période d’inactivité, généralement la nuit, et lors de fortes canicules ou de grand froid, les pulveroles se fixent proches les unes des autres dans les pliures intérieures des touches des claviers où sont accumulés de petits agglomérats de poussières.




Pyngtère du latin pungere (piquer)

Caractéristiques physiologiques
Taille : entre 100 et 120 microns.
Anatomie : il est constitué d’une coquille, d’un corps mou orné de deux cornes aux extrémités supérieures et inférieures.
La corne supérieure appelée aussi trompe est un organe nécessaire à son déplacement. Elle sert de sonde pour arpenter l’espace. Elle mesure la qualité de l’atmosphère et capte l’humidité nécessaire au fonctionnement de son organisme. Elle pique les miettes ou autres résidus oubliés au fond des poches. Avec la corne inférieure, appelée aussi crochet, le pyngtère s’accroche aux mailles du tissu pour se déplacer. Sa bouche est l’orifice situé en dessous de la trompe.

Environnement
Il niche dans les poches des manteaux, des vestes, des pantalons. Il apprécie aussi bien les fibres synthétiques que le coton. Proche du corps, le pyngtère s’éveille à la présence de la main, par sa douce température et par l’apport d’une forte concentration en humidité. De plus, elle lui apporte régulièrement différentes sortes de subsistances : sueur, miettes sucrées, salées, sablées ou fruitées.

Hibernation
Le pyngtère se renferme dans sa coquille lorsque la poche est «sans activité». La chaleur humide de la main humaine le sort de sa coquille. Dans les temps de sécheresse, ou d’hibernation prolongée, la coquille est une réserve d’eau et un régulateur thermique qui maintient le pyngtère en vie. Inoffensif, il nettoie les poches en laissant de minuscules poussières qui en sont ses excréments. Pour lui assurer un écosystème confortable, il est conseillé de secouer régulièrement
les poches afin d’éviter le surplus de poussières.

 

Biberyte de lit du latin bibere (boire)

Caractéristiques physiologiques

Taille : jusqu’à 150 microns.
Anatomie : une fleur à huit pétales est au centre de quatres feuilles. Les pétales de la fleur contiennent la chlorophylle qui capte la lumière de la journée, qu’elle soit naturelle ou artificielle. Chaque feuille se termine par 15 poils absorbants très fins. Grâce aux poils absorbants, la biberyte capte l’eau contenue dans les draps de lit. Une fois absorbée, l’eau est dirigée directement dans les tissus conducteurs de la plante. La biberyte ne possède pas de racines fixes. Elle se déplace en se retournant d’une face à l’autre et déambule à l’intérieur des draps grâce à ses poils hérissés qui lui permettent de s’accrocher aux fibres du tissu.

Environnement
Lorsque le corps humain transpire pendant son sommeil, il engendre un climat très chaud et humide. La biberyte est active pendant notre sommeil : essentiellement la nuit mais aussi aux heures de sieste, elle absorbe cette eau légèrement
salée prise dans les filets que constitue le tissu. Aux premiers rayons du soleil, la biberyte se met sur le dos, si possible à la surface extérieure du drap. La chlorophylle contenue dans ses pétales capte la lumière et contribue de ce fait à la photosynthèse.

Hibernation
Si le corps humain est absent trop longtemps, les feuilles se déshydratent et forment des stries comme les feuilles d’aloès dessèchées. La biberyte referme ses pétales pour se mettre en léthargie. Dès le retour du corps, les poils absorbent les gouttelettes de transpiration et peu à peu les stries se dilatent.




Larve sphongère du latin spongia (éponge)

Caractéristiques physiologiques

Taille : jusqu’à 100 microns de long.
Anatomie : elle est constituée d’un corps uniforme et de deux tentacules. La larve sphongère rampe et s’aide de ses deux tentacules pour palper, explorer le sol et l’espace atmosphérique. Ses tentacules sont constituées d’une face interne et externe. La face externe est dotée de capteurs-absorbeurs d’humidité. Chaque capteur est relié aux veines semi-transparentes
qui structurent son corps. Elles le parcourent depuis l’extrémité supérieure de la face interne des tentacules jusqu’à la queue. Ces veines sont de véritables conduits d’eau, qui par leur souplesse agissent sur la forme de la larve.

Environnement
Le métro génère un climat très favorable au développement des sphongères qui choisissent des lieux humides, l’eau
étant leur unique subsistance: la densité des corps humains augmente le degré de transpiration et crée de ce fait un climat chaud et humide quasi permanent. Leur texture spongieuse leur permet de s’accrocher facilement aux fibres synthétiques des sièges du métro. Les deux tentacules de la partie supérieure émettent des filins de salive essentiels à la construction de cocons et de filets à nuages. Ces derniers sont tissés entre chaque fibre synthétique afin de capter les goutelettes d’eau contenues dans l’air, indispensables à leur survie. Mais ces toiles ont le défaut d’attraper aussi les poussières, bactéries et autres micro organismes néfastes apportées par les corps dans le métro.

Hibernation
Les agglomérats de cocons ressemblent à des cités dortoirs : les larves les rejoignent de 00h25 à 5h, temps de repos et de digestion correspondant à la fermeture des métros.




Remerciements
- Alain Charcosset, chercheur à l’INRA et spécialiste de la génétique du maïs, pour ses conseils et son aide pour la création de ces projets sur le maïs
- Thibaut Losson et toute l’équipe d’Artel91
- Isabelle Clément et l’équipe du centre culturel d’Epinay sous Sénart
- Bertrand Sampeur : Photographe - Timor Rocks : http://www.ernestotimor.com

 

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Lieux d'exposition et de résidence
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  2009
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Médiathèque Gabriela Mistral / Art et Paysage
Artigues-près-Bordeaux (FR)
22 sept - 26 sept 2009 : Exposition


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Festival Libellul’Express - Ecaille (FR)
5-6-7 Juin 2009 : Exposition


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Centre culturel Maurice Eliot / ARTEL 91
De l'art : évolution : Résidence de création
Epinay-sous-Sénart (FR)
11 Avril - 30 Mai 2009 : Résidence + Exposition : www.artel91.org


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scenocosme - (France) - tel : 06 61 09 50 52 - www.scenocosme.com


Article de presse de scenocosme